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Vous trouverez sur cette page :

3 avril 2008
Lettre de M. Cohen à M. Jean-Claude Lin

Mairie de Toulouse

Lundi 7 avril 2008
Compte-rendu (extrait) analytique officiel
de la séance de l'Assemblée Nationale

Mercredi 9 avril 2008
Poésie pour le Tibet
Poème de Thérèse

Jeudi 10 avril 2008
Textes adoptés par le Parlement à Bruxelles
sur la situation au Tibet

La charte olympique
(extrait)

Autres documents disponibles :

Tibet : à propos de quelques idées fausses
samedi 14 septembre 1996 par Redaction Tibet Info (JMB)

Ce document a pour objet de dénicher les contre-vérités assénées par le gouvernement chinois et d’essayer de rétabir la vérité sur la situation au Tibet à partir d’éléments objectifs, et donc vérifiables, présentés sous forme de 15 fiches pratiques (histoire, populations, "aide" économique, "libération" du Tibet, tortures, ...)

Jeudi 24 avril 2008
Message du Dalaï Lama à ses frères et soeurs spirituels chinois 

Vendredi 25 avril 2008
La Chine propose une reprise du dialogue
avec le Dalaï Lama

 Liste des personnes décédées (n°01 à 61)

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 Assemblée nationale

Compte rendu analytique officiel
Séance du lundi 7 avril 2008
1ère séance
Séance de 16 heures
133ème séance de la session
Présidence de M. Marc Le Fur, Vice-Président

La séance est ouverte à seize heures.

PASSAGE DE LA FLAMME OLYMPIQUE
M. le Président – Mes chers collègues, tous les groupes m’ont fait part de leur souhait de voir nos travaux s’interrompre à l’occasion du passage de la flamme olympique devant le Palais-Bourbon. Il va de soi que je ferai droit à cette demande le moment venu, en suspendant la séance le temps nécessaire.

M. Jean-Marc Ayrault – Monsieur le président, vous satisfaites ainsi, au nom de l’Assemblée tout entière, une demande que le groupe SRC vous avait adressée par mon intermédiaire ; je vous en félicite. Je regrette toutefois que M. le président de l'Assemblée nationale ait refusé de faire hisser les couleurs du Tibet sur le Palais-Bourbon, au motif que notre Règlement ne le permettrait pas, alors même qu’il avait accepté, d’accord avec nous tous, d’y installer le portrait d’Ingrid Betancourt.

En ces lieux historiques, symboliques de la défense des droits de l’homme, où nombre de nos concitoyens viennent admirer un magnifique tableau représentant Mirabeau lors des États généraux, prêt à affronter la force des baïonnettes pour permettre la constitution de l'Assemblée nationale, il est de notre devoir de témoigner notre solidarité au peuple tibétain et aux Chinois muselés. Il ne s’agit ni de rompre avec la Chine, ni de stigmatiser ce grand pays qui souhaite se développer et s’ouvrir, mais bien de réaffirmer, à l’approche du soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, les principes et les valeurs que la République française a hérités des révolutionnaires de 1789.

De ce point de vue, la suspension de séance est un symbole modeste, mais nécessaire, de notre volonté de poursuivre le combat indivisible en faveur de la liberté et des droits de l’homme (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur quelques bancs du groupe UMP).

M. Jean-Pierre Brard – Nous nous réjouissons également de cette décision, qui nous permettra de prendre part à l’événement que constitue le passage de la flamme. Les droits de l’homme sont indivisibles, et notre pays, qui a donné naissance à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, doit se montrer exemplaire en les défendant partout où ils sont bafoués, sans exception – au Tibet, mais aussi en Tchétchénie ou en Irak…

Mme Françoise Hostalier – À Cuba, au Vietnam…

M. Jean-Pierre Brard – J’espère du reste qu’en accueillant hier la flamme olympique, M. Gordon Brown a eu une pensée pour les Irakiens abattus par les troupes d’occupation, notamment britanniques…

C’est donc au nom de l’esprit olympique hérité de l’Antiquité – où il était synonyme de trêve – et du baron de Coubertin que nous devrons saluer le passage de la flamme, sans oublier les droits de ceux qui campent sur les quais de Seine dans la misère et le dénuement. Car, en magnifiant le sport, l’idéal olympique exalte aussi les vertus humaines, dont aucune ne saurait être oubliée (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR).

M. Philippe Folliot – Monsieur le président, au nom du groupe Nouveau centre et du groupe d’études sur le Tibet, dont je suis vice-président, je salue les propos qui viennent d’être tenus et je me félicite de votre décision, approuvée par tous les groupes, de suspendre la séance lors du passage de la flamme. Ainsi pourrons-nous, par-delà nos divergences, saluer ce symbole de paix, de pureté et de fraternité olympique entre les jeunes sportifs du monde entier.

Étant donné le sort réservé aux droits de l’homme en Chine, le comité international olympique s’exposait à un risque en choisissant d’organiser les Jeux à Pékin. De fait, la Chine a manqué à ses promesses d’ouverture, de libéralisation et de respect des minorités – notamment tibétaine –, enfreignant la lettre et l’esprit de la charte olympique. Comme démocrates, comme Français, comme membres de la représentation nationale, nous nous devons de rappeler le gouvernement chinois à ses engagements. Voilà pourquoi, à l’occasion d’un événement qui aurait dû être festif, fraternel et populaire, mais que caractérise hélas un déploiement inédit des forces de l’ordre, nous nous réunirons devant le Palais-Bourbon pour réaffirmer notre attachement à ces principes universels, fondateurs de notre République, de la liberté et de la démocratie (Applaudissements sur divers bancs).

Mme Chantal Brunel – Monsieur le président, nous vous remercions de votre décision de suspendre la séance, qui permettra à plusieurs députés du groupe UMP de se réunir devant l'Assemblée nationale autour de M. Luca, président du groupe d’amitié France-Tibet. Nous tenons tous à ce que les droits de l’homme soient respectés au Tibet et nous espérons que ce combat se poursuivra après les Jeux olympiques (« Tout à fait ! » et applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

M. le Président – Je suis heureux que chaque groupe salue cette initiative. Installer un drapeau tibétain sur le fronton de l’Assemblée, comme l’a demandé M. Ayrault, est contraire à nos règles habituelles. Quant au mur d’images, c’est un problème de délai qui se pose. En revanche, le président compte saisir le Bureau, lors de sa prochaine réunion, d’une réflexion sur l’utilisation du frontispice à de telles fins.

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 Poésie pour le Tibet


Tant qu'il y aura des Hommes, tant qu'il y aura des êtres,
Puissent-ils vivre en paix et trouver le bonheur,
Et s'il reste un foyer qu'accable le malheur,
Puisse l'espoir renaître !

Je n'ai qu'un seul désir, un souhait universel,
Je veux revoir la paix inonder notre Terre,
Assez de noirs nuages ont obscurci le ciel
Ô cruelle misère !

Les douleurs apparaissent, pareilles à l'éclair,
Elles frappent brusquement leurs victimes d'un jour
Mais personne ne reste accablé pour toujours
Ô tristesse éphémère !

Il est une patrie, il est un si beau peuple.
Autrefois bienheureux, tellement religieux,
Qui à présent, hélàls, aidera ce doux peuple,
Peuple si lumineux ?

Un frère attentionné laisserait-il sa soeur
Mourir de froid, mourir de faim, se faire tuer ?
Ceux que nous appelons pays civilisés,
N'ont-ils donc point de cœur ?

Assez de catastrophes ont submergé le monde,
Assez de durs conflits ont séparé les Hommes,
Mais n'entendez-vous point cette rumeur qui gronde ?
Justice elle se nomme !

La mer est formée de milliers de gouttes d'eau,
Ainsi chaque personne dont la voix retentit
Se fond dans l'océan qui peu à peu grandit,
Ah, cela est si beau !

Quels sont donc nos soucis, quels sont donc nos chagrins,
Alors que tellement de vies sont menacées ?
Ainsi nous qui nous sommes aujourd'hui rassemblés,
Aidons les Tibétains !

Puisse enfin la lumière les illuminer tous,
Et que la paix enfin revienne sur leur terre,
Puisse la haine toujours leur rester étrangère,
Nous les aiderons tous !

Merci à tous ceux qui défendent cette cause,
Merci à tous ceux qui sont ici à présent,
La fleur de nos efforts sera bientôt éclose,
Merci infiniment !

Thérèse, 17 ans.

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Textes adoptés par le Parlement
Jeudi 10 avril 2008 - Bruxelles
Edition provisoire

La situation au Tibet


P6_TA-PROV(2008)0119
B6-0133, 0134, 0135, 0136, 0137 et 0138/2008

Résolution du Parlement européen du 10 avril 2008 sur le Tibet

Le Parlement européen ,

— vu ses résolutions précédentes sur la Chine et sur le Tibet, et notamment:


a) celle du 15 février 2007 sur le dialogue entre le gouvernement chinois et les envoyés du Dalaï Lama(1) ,
b) celle du 13 décembre 2007 sur les relations UE-Chine et sur le dialogue UE-Chine concernant les droits de l'homme(2) ,
c) celle du 7 septembre 2006 sur les relations UE-Chine(3) ,
d) celle du 6 septembre 2007 sur le fonctionnement des dialogues et des consultations sur les droits de l'homme avec les pays tiers(4) ,

— vu l'article 103, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que le 49e anniversaire du soulèvement national tibétain contre le pouvoir chinois a donné lieu à des manifestations de grande ampleur de moines, de religieuses et de simples citoyens tibétains contre la répression chinoise,

B. considérant que selon les autorités chinoises, vingt personnes auraient perdu la vie et que selon d'autres sources, plus de 140 Tibétains seraient morts au cours de ces affrontements et des dizaines d'autres auraient été arrêtés,

C. considérant que le gouvernement chinois a déclaré l'état d'urgence, que les magasins et les temples ont été fermés à Lhassa, ainsi que dans d'autres villes, et que des policiers en armes et des militaires ont convergé par centaines du reste de la Chine vers le Tibet,

D. considérant que Sa Sainteté le Dalaï Lama a qualifié de "génocide culturel" cette réaction disproportionnée de la Chine et a exhorté les Tibétains à "pratiquer la non-violence et à ne pas s'écarter de cette voie, quelle que soit la gravité de la situation"(5) ; qu'il ne réclame pas l'indépendance du Tibet mais une voie médiane permettant une autonomie culturelle et politique véritable ainsi que la liberté religieuse, préconisant ainsi une approche que soutient le Parlement européen,

E. considérant qu'une solution durable ne peut être atteinte que par des moyens pacifiques et un dialogue sincère,

F. considérant qu'à l'exception d'un voyage officiel organisé pour la presse internationale par le gouvernement chinois, les médias internationaux se sont vu refuser l'accès à la région du Tibet pour couvrir les événements, et que tous les journalistes ont été expulsés; que ce voyage était étroitement contrôlé et que les journalistes participants n'ont pas été autorisés à entrer librement en contact avec la population tibétaine,

G. considérant que le gouvernement chinois semble bloquer l'accès aux sites internet étrangers sur le territoire de la Chine et censurer les émissions de télévision étrangères sur la situation au Tibet,

H. convaincu que l'organisation des Jeux olympiques à Pékin représente une occasion extraordinaire pour la Chine de s'ouvrir au monde et, inversement, et de démontrer qu'elle est en mesure de tenir ses promesses quant à la promotion des droits fondamentaux, pour l'ensemble de la population chinoise,

I. considérant que le dialogue UE-Chine sur les droits de l'homme, initié en 2000, n'a pas produit les résultats escomptés,

1. condamne fermement la répression brutale exercée par les forces de sécurité chinoises contre les manifestants tibétains et tous les actes de violence, quelle qu'en soit l'origine, qui ont eu lieu dans les rues de Lhassa et ailleurs au Tibet et exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes;

2. demande au gouvernement chinois que soient garantis des soins médicaux appropriés pour les Tibétains blessés et une assistance juridique pour ceux qui ont été arrêtés; appelle les autorités à fournir des informations relatives aux personnes détenues, à traiter celles-ci conformément au droit international en matière de droits de l'homme et à ne recourir à la torture en aucune circonstance; demande la libération immédiate de tous ceux qui ont manifesté pacifiquement et qui, en cela, n'ont fait qu'exercer leur droit légitime à la liberté d'expression;

3. dénonce le traitement souvent discriminatoire envers les minorités ethniques chinoises qui n'appartiennent pas au groupe han; invite la Chine à respecter ses engagements en matière de droits de l'homme et des minorités ainsi que d'État de droit; la prie instamment de ne pas exploiter la tenue des Jeux olympiques de 2008 de façon abusive en arrêtant des dissidents, des journalistes et des militants des droits de l'homme dans le but d'empêcher des manifestations et des reportages considérés comme gênants par les autorités; réclame, dans ce contexte, la libération immédiate de Hu Jia, éminent activiste des droits de l'homme qui a été condamné à trois ans et demi de prison pour subversion;

4. demande qu'une enquête ouverte et indépendante sur les émeutes et la répression survenues récemment au Tibet soit conduite sous les auspices des Nations unies; demande aux autorités chinoises d'adresser une invitation permanente à se rendre au Tibet au haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et à d'autres organes des Nations unies;

5. salue l'attitude de Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui a appelé la population tibétaine à protester de façon non violente et qui a rejeté les appels à l'indépendance du Tibet en proposant la voie médiane permettant une autonomie culturelle et politique véritable ainsi que la liberté religieuse; réaffirme son attachement à l'intégrité territoriale de la Chine;

6. demande aux autorités chinoises d'ouvrir le Tibet aux médias et aux diplomates, en particulier à des représentants de l'Union; demande instamment aux autorités chinoises de mettre immédiatement fin à la censure et au blocage des sites web d'informations situés à l'étranger; demande la libération de l'ensemble des journalistes, des internautes et des cyberdissidents emprisonnés en Chine pour avoir exercé leur droit à l'information;

7. est préoccupé par la marginalisation économique croissante de la population tibétaine au Tibet, qui doit faire face à l'arrivée d'un nombre croissant de travailleurs chinois migrants qui viennent au Tibet et qui prennent les emplois et les terres des Tibétains; souligne la discrimination criante existant au sein du système éducatif, qui enseigne leur langue maternelle aux enfants tibétains comme une seconde langue;

8. demande à la Chine de respecter les engagements publics qu'elle a elle-même pris en ce qui concerne les droits de l'homme et des minorités, la démocratie et l'État de droit et dont le Comité international olympique (CIO) a fait part lorsqu'il a décidé d'autoriser ce pays à organiser les Jeux;

9. invite instamment la Chine à ratifier sans retard et en tout cas avant les Jeux olympiques la Convention internationale sur les droits civils et politiques (Nations unies, 1966); invite Pékin à établir un moratoire sur la peine de mort comme le demande la résolution 62/149 du 18 décembre 2007 de l'Assemblée générale des Nations unies concernant un moratoire sur la peine de mort;

10. regrette que les six sessions de pourparlers entre les autorités chinoises et Sa Sainteté le Dalaï Lama n'aient pu aboutir et demande l'ouverture sans conditions préalables d'un dialogue constructif en vue de parvenir à un accord politique global comprenant une solution viable pour l'autonomie culturelle et politique du Tibet, la liberté religieuse et le respect des droits de la minorité tibétaine dans les autres provinces chinoises;

11. demande au Conseil, et en particulier à la Présidence, de suivre avec attention les événements, de veiller à la cohésion d'une position commune de l'Union européenne et de veiller à l'application des décisions prises à la suite de cette position, et estime que les représentants diplomatique de l'Union à Pékin devraient prendre l'initiative de visiter la région afin de faire rapport au Conseil sur la situation actuelle;

12. à cet égard, invite une nouvelle fois le Conseil à nommer un envoyé spécial pour les question tibétaines chargé de favoriser le dialogue entre les parties et de suivre attentivement les négociations, une fois qu'elles auront repris;

13. approuve la déclaration de Sa Sainteté le Dalaï Lama selon laquelle les Jeux olympiques offrent une grande possibilité de liberté pour l'ensemble de la population chinoise;

14. demande à la Présidence en exercice de l'Union de s'efforcer de dégager une position européenne commune en ce qui concerne la présence des chefs d'État et de gouvernement et du haut représentant de l'Union européenne à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, avec la possibilité de ne pas participer à cette cérémonie au cas où le dialogue ne reprendrait pas entre les autorités chinoises et Sa Sainteté le Dalaï Lama;

15. prie instamment la République populaire de Chine de ne plus contrôler, ni juger les athlètes olympiques du point de vue de leurs opinions politiques et de ne plus menacer de les exclure des Jeux olympiques pour le cas où ils s'écarteraient de la position officielle du gouvernement chinois;

16. attend avec intérêt la visite au Parlement européen de Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui viendra s'exprimer en séance plénière à la fin de 2008 et demande à sa Conférence des présidents d'examiner la possibilité d'avancer la date de cette visite;

17. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, aux gouvernements et aux parlements des pays candidats, au Président et au Premier ministre de la République populaire de Chine, au Président du Congrès national du peuple chinois, au Comité international olympique et à Sa Sainteté le Dalaï Lama.

(1) JO C 287 E du 29.11.2007, p. 554.

(2) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2007) 0622.

(3) JO C 305 E du 14.12.2006, p. 219.

(4) Textes adoptés de cette date, P6_TA(2007)0381.

(5) Déclaration publiée le 6 avril 2008.

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 CHARTE OLYMPIQUE

Etat le 11 septembre 2000, comprenant les amendements approuvés par la 111ème Session du CIO.

Principes fondamentaux

1. L'Olympisme moderne a été conçu par Pierre de Coubertin, à l'initiative de qui s'est réuni, en juin 1894, le Congrès International Athlétique de Paris. Le 23 juin 1894, s'est constitué le Comité International Olympique (CIO). En août 1994 s'est tenu à Paris le XIIe Congrès, le Congrès Olympique du Centenaire, qui a été intitulé Congrès de l'Unité.

2. L'Olympisme est une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l'esprit. Alliant le sport à la culture et à l'éducation, l'Olympisme se veut créateur d'un style de vie fondé sur la joie dans l'effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.

3. Le but de l'Olympisme est de mettre partout le sport au service du développement harmonieux de l'homme, en vue d'encourager l'établissement d'une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine. A cet effet, le Mouvement Olympique mène seul ou en coopération avec d'autres organisations et dans la limite de ses moyens, des actions en faveur de la paix.

4. De l'Olympisme moderne est issu le Mouvement Olympique dirigé par le CIO.

5. Le Mouvement Olympique groupe sous l'autorité suprême du CIO les organisations, athlètes et autres personnes qui acceptent d'être guidés par la Charte Olympique. Le critère de l'appartenance au Mouvement Olympique est la reconnaissance par le CIO. L'organisation et la gestion du sport doivent être contrôlées par les organismes sportifs indépendants reconnus comme tels.

6. Le Mouvement Olympique a pour but de contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d'aucune sorte et dans l'esprit Olympique qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, la solidarité et le fair-play.

7. L'activité du Mouvement Olympique, symbolisée par cinq anneaux entrelacés, est universelle et permanente. Elle se déploie sur les cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux Olympiques.

8. La pratique du sport est un droit de l'homme. Tout individu doit avoir la possibilité de pratiquer le sport selon ses besoins.

9. La Charte Olympique est la codification des Principes fondamentaux, des Règles et des Textes d'application adoptés par le CIO. Elle régit l'organisation et le fonctionnement du Mouvement Olympique et fixe les conditions de la célébration des Jeux Olympiques.

Le Mouvement Olympique

Autorité suprême

1. Le CIO est l'autorité suprême du Mouvement Olympique.
2. Toute personne ou organisation appartenant à un titre quelconque au Mouvement Olympique est soumise aux dispositions de la Charte Olympique et doit se conformer aux décisions du CIO.

Rôle du CIO

Le rôle du CIO est de diriger la promotion de l'Olympisme en accord avec la Charte Olympique.

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 Un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama doit être
la condition de la participation des pays aux JO

LEMONDE.FR | 11.04.08 | 13h39 • Mis à jour le 11.04.08 | 18h18


Marie-Claire : Bonjour (et tachi délé). Selon vos informations, quel a été le facteur déclenchant des émeutes de Lhassa ? Confirmez-vous la version officielle chinoise selon laquelle des moines tibétains auraient agressé des commerçants chinois ?
Matthieu Ricard : Il y a plusieurs raisons : la proximité des JO, qui a fait penser aux gens que c'était une chance unique de faire entendre leur voix au monde, car après, il n'y a aucun moyen de pression. D'autre part, beaucoup de Tibétains ont perdu leur travail à la suite de l'afflux d'immigrants chinois, à cause du train. C'est l'accentuation de la sédentarisation forcée des nomades, l'intensification de la rééducation patriotique dans les monastères. Tout cela a augmenté le mécontentement et déclenché les émeutes.
Le premier aspect, ce sont des laïques qui ont été rejoints par quelques moines et qui se sont promenés avec un drapeau tibétain dans Lhassa le 10 mars au matin. Ensuite, les manifestations se sont accentuées jusqu'au 14. Ce sont de jeunes Tibétains qui ont mis le feu à des boutiques, il y a eu cinq ou six morts parmi les Chinois. Cela s'est passé dans le quartier central de Lhassa.
Bien qu'il y ait eu 10 000 policiers, ils ne sont pas intervenus le 14, et on soupçonne que c'était pour laisser la situation s'envenimer et justifier leur répression. Mais le 14 dans l'après-midi, dans des quartiers périphériques de Lhassa, le quartier de Drapchi et Karma Gonsar, loin des témoins occidentaux, la police a tiré à balles réelles et il y a eu 67
morts ce jour-là. En tout, à ce jour, nous avons les noms de 192 morts tibétains et 2 300 arrestations confirmées de personnes qui maintenant ont disparu.


Jopaselu : Quelle est la position exacte du gouvernement tibétain en exil sur l'indépendance ou l'autonomie du Tibet, mais aussi sur le boycott de la cérémonie d'ouverture des JO (et non le boycott des Jeux) ?
Matthieu Ricard : Le dalaï-lama a dit d'innombrables fois que quel que soit le passé, même si le Tibet, du point de vue du droit international, est une nation occupée, du fait que le Tibet a été coupé de la mer et peu développé, on pouvait voir un aspect positif des choses à ne plus demander l'indépendance. Et comme Deng Xiao Ping l'a dit, mis à part l'indépendance, tout pouvait être discuté avec le dalaï-lama. Sur cette base, celui-ci a dit : renonçons à l'indépendance
et discutons d'une autonomie dans laquelle les Tibétains pourraient gérer leurs affaires intérieures (éducation, culture, religion), et laisseraient au gouvernement central les affaires extérieures et la défense. L'étape suivante serait que le Tibet soit une zone de paix entre les grandes puissances de l'Asie.
Le dalaï-lama a toujours dit qu'il fallait un engagement positif avec la Chine, qu'il n'était pas en faveur du boycott, qu'il fallait s'ouvrir à la Chine en espérant qu'elle allait se libéraliser.
Cela dit, il a dit qu'on ne pouvait pas reprocher aux gens de manifester leur indignation devant la tragédie qui, de nouveau, a affecté le Tibet, mais que lui ne demandait pas le boycott. Ce qui semble plus constructif, ce serait de dire : oui, nous participerons aux Jeux et à l'ouverture, à condition que vous entamiez un dialogue avec le dalaï-lama avant les Jeux.


Barbie : Que pensez-vous des derniers événements sur le parcours de la flamme olympique ?
Matthieu Ricard : Il a dit qu'on ne pouvait pas reprocher aux gens de manifester leur indignation devant la répression qui a lieu au Tibet. Je pense que vu le très peu de moyens que l'on a de faire pression sur la Chine, elle ferait ce qu'elle veut si l'on ne manifestait pas. C'est un moyen d'accentuer la pression sur la Chine, pour lui montrer qu'elle ne peut pas s'en tirer comme ça avec tous ces massacres.


Kimphan3 : Le dalaï-lama va-t-il rencontrer le président Sarkozy ?
Matthieu Ricard : On ne sait pas encore.

Cathy : Française, en Chine depuis vingt-deux ans, à Pékin depuis six ans, je vis très librement dans cette ville. Les JO, ici, nous les attendons avec beaucoup d'enthousiasme, résidents étrangers et locaux. Alors oui, les Tibétains ont certainement des problèmes dans leur pays qu'est la Chine, mais l'occasion est trop belle d'empêcher de se dérouler à Pékin une fête attendue des Chinois, qui le méritent grandement. Pourquoi maintenant ? Les droits de l'homme, c'est d'abord de donner aux hommes le droit de vivre décemment.
Matthieu Ricard : J'ai sous les yeux un témoignage de deux dissidents chinois qui viennent d'être arrêtés, qui fait état de tout ce qui s'est passé derrière le rideau pour la préparation des Jeux. Il fait état de plus d'un million de personnes déplacées, de quarante-trois types de personnes qui ne sont pas autorisées à participer aux Jeux.
Exemple : quelqu'un qui devait participer aux Jeux pour personnes handicapées a été disqualifié parce qu'il avait perdu ses jambes à Tiananmen. Il y a eu de très nombreuses violences contre des gens qui refusaient de quitter leur maison. Et un journaliste, Xu Zerong, a été condamné à treize ans de prison pour avoir divulgué certaines de ces informations.
J'ai sous les yeux un document de cinq pages qui détaille toutes les violences, tous les abus organisés pour que cette parade des JO puisse se faire. Il y a un coût humain considérable et qui n'est pas digne de ce que représenterait l'idéal olympique.
Finalement, l'argument pour donner les JO à la Chine, c'était que ça allait l'aider dans son mouvement d'ouverture vers le monde, et non pas simplement flatter un sentiment nationaliste. Mais malheureusement, dans cette obsession de contrôler 100 % de la situation, cela a donné lieu à ces répressions au Tibet.


François M : Que répondez-vous sur le fond aux critiques d'un Jean-Louis Mélenchon, par exemple, qui souligne l'absence de tout projet démocratique dans l'autonomisation culturelle revendiquée du Tibet ?
Matthieu Ricard : Il faudrait qu'il s'informe un peu. Le dalaï-lama a imposé le système démocratique dans le gouvernement en exil. Il a limogé son cabinet il y a quelques années et dit qu'il fallait des élections. Il y a un Parlement élu, un premier ministre tibétain en exil.
Il a dit maintes fois que si le Tibet recouvrait sa liberté, ce serait un gouvernement laïque, démocratique, avec séparation complète de la religion et de l'Etat. Et que dans un tel système, lui ne pourrait avoir aucun rôle politique ni appartenir à aucun parti, que le vieux Tibet avait bien sûr des aspects féodaux, qu'évidemment s'il avait été un pays libre, il se serait modernisé et démocratisé, et qu'il n'y a pas un seul Tibétain qui songerait maintenant à revenir en arrière.
Le dalaï-lama prône principalement ce qu'il appelle l'éthique séculière : promouvoir les valeurs humaines. Il a toujours déconseillé aux Occidentaux de se convertir au bouddhisme. Il préfère promouvoir les valeurs humaines. Un des seuls livres qu'il a vraiment écrits lui-même s'appelle Ethique pour le prochain millénaire, c'est un livre d'éthique laïque.
Donc l'engouement pour le dalaï-lama, à mon sens, est justement pour quelqu'un qui est la voix pour la tolérance et l'ouverture aux autres formes de pensée.


Laurent : Y a-t-il des contacts non officiels entre le dalaï-lama et des responsables chinois ?
Matthieu Ricard : Il y a eu sept rencontres semi-officielles entre eux depuis cinq ans, qui n'ont strictement rien apporté, aucun bénéfice pour le Tibet. Ce qui semble indiquer que les Chinois n'ont pas la moindre intention de modifier la façon dont ils traitent les Tibétains et la façon dont ils s'adressent au dalaï-lama.


Jean-Louis P. : Ne pensez-vous pas que les Chinois, dans leur grande majorité, ont l'impression qu'on cherche à les humilier et à gâcher une fête sportive qu'ils ont durement préparée ?
Matthieu Ricard : C'est exact, mais c'est principalement dû à la façon dont sont présentées les informations dans les médias chinois, où l'on donne l'impression que le soulèvement qui se produit encore en ce moment dans toutes les régions du Tibet serait en réalité le fait de quelques voyous tibétains qui auraient des pensées racistes à l'encontre des Chinois. Alors que c'est en fait un acte de désespoir à la suite de cinquante ans d'oppression qui ne se relâche pas, et dont la nature est complètement inconnue du peuple chinois.
Du fait qu'il y a un contrôle des médias qui n'existe pratiquement nulle part ailleurs dans le monde, ce que confirment tous les correspondants de presse qui vivent en Chine.


Tabacoyron : Tashi Delek, Matthieu Ricard ! Ne faut-il pas craindre une répression accrue de la part des Chinois sitôt les Jeux et les projecteurs du monde entier passés ?
Matthieu Ricard : Oui, c'est possible. D'ailleurs, maintenant déjà, les deux cents Tibétains qui sont morts savaient très bien à quoi ils s'exposaient, mais ils ont décidé de prendre ces risques graves pour attirer l'attention du monde, en espérant que quelque chose de positif pourrait suivre dans l'établissement d'un dialogue ou un progrès vers la résolution du conflit. C'est un choix qu'ils ont fait en connaissant les conséquences très graves auxquelles ils s'exposaient. C'est pour cela qu'il faut d'autant plus soutenir leur combat.


Franck : Ne serait-il pas temps que les grands de ce monde acceptent de recevoir officiellement le dalaï-lama au regard de la situation actuelle de l'homme au Tibet ou dans certains provinces de la Chine ?
Matthieu Ricard : On commence à le faire. Le président Bush, Angela Merkel, Gordon Brown vont le recevoir. Le chancelier autrichien l'a reçu.


Kim : D'où vient l'argent du dalaï-lama ?
Matthieu Ricard : Il n'y en a pas beaucoup, pour commencer. Un ministre du gouvernement en exil doit gagner 300 euros par mois, 30 % du budget du gouvernement sont consacrés à l'éducation. Cela vient de contributions des réfugiés tibétains hors du Tibet – ils sont 150 000 – et de dons qui sont faits non pas au dalaï-lama personnellement, parce qu'il n'en accepte pas, mais au gouvernement en exil, aux écoles, etc.


Nicolas : Comment résoudre le problème de la succession du dalaï-lama, tout en gardant une légitimité vis-à-vis des Tibétains, de la communauté internationale et du gouvernement central chinois ?
Matthieu Ricard : Le dalaï-lama a toujours dit que si les institutions devaient être maintenues, cela dépendait uniquement des souhaits du peuple tibétain. Donc, selon leurs souhaits, l'institution pourrait continuer ou pas, et se poursuivre de la même manière ou d'une nouvelle manière.
La nouvelle manière pourrait être l'élection d'un dalaï-lama, un peu comme le pape, ou qu'il soit désigné de son vivant.
Mais il a clairement dit que si l'on suivait le système traditionnel, ce qu'on appelle le mécanisme de réincarnation – ce qui signifie que c'est lui qui serait chargé du processus –, il ne se réincarnerait pas dans un Tibet occupé. Cela n'aurait pas de sens.

Adélaïde : Pourriez-vous lui succéder ?
Matthieu Ricard : C'est la plus grosse blague que j'aie jamais entendue.


Scoubidou : Que peut-on faire concrètement pour soutenir le Tibet ? L'action non violente prônée par le dalaï-lama ?
Matthieu Ricard : Ce qui a été fait jusqu'à maintenant : faire valoir nos sentiments au public, auprès de nos députés, qui relaient au gouvernement. Et je crois que le peuple français s'est beaucoup manifesté, ce qui a joué un grand rôle dans la mobilisation des forces gouvernementales.

Boney : Comment ouvrir les yeux du peuple chinois sur cette situation au Tibet ?
Matthieu Ricard : Malheureusement, il faudrait qu'il y ait un minimum d'accès à l'information, ce qui n'est absolument pas le cas en Chine. D'autre part, le peuple n'est pas motivé à essayer de savoir. Il écoute ce qu'on lui dit. Tant qu'il n'y aura pas une libéralisation de l'information, cela ne risque pas de changer.
Cela dit, il y a des intellectuels chinois qui sont beaucoup plus ouverts et qui ont une attitude tout à fait positive vis-à-vis du Tibet. Il y a aussi de très nombreux bouddhistes chinois qui voyagent maintenant au Tibet et établissent des liens personnels avec des bouddhistes tibétains.

Changchub : A-t-on des nouvelles du panchen-lama ? (le panchen-lama est le second personnage de la hiérarchie du bouddhisme tibétain)
Matthieu Ricard : Aucune. On ne sait pas s'il est en vie. Je rappelle que c'est un autre personnage très important au Tibet. Sa réincarnation a été reconnue il y a une douzaine d'années. Il avait 7 ans, il a été immédiatement arrêté ainsi que sa famille, emmené en Chine. Et depuis, aucune nouvelle. Les Chinois disent qu'il va bien, mais on n'a aucun moyen de le vérifier.


Berget_daniel : Existe-t-il des partis ou mouvements politiques non religieux au Tibet ?
Matthieu Ricard : Au Tibet, il n'y a pas de parti politique, comme il n'y en a pas en Chine, à part le Parti communiste. Et dans l'exil, il y a un système démocratique, et il y a cinquante députés de diverses tendances qui ont été élus pour constituer cette assemblée en exil, qui est purement laïque.


senosenjack : Ne pensez-vous pas que les émeutes sont organisées pour déstabiliser la Chine, qui devient trop puissante pour des pays comme les Etats-Unis, la Russie, l'Europe, l'Inde, etc. Je me pose la question...
Matthieu Ricard : Ça n'a aucun sens. Connaissant bien le Tibet, peuplé de paysans et de nomades, leur non-connaissance des langues étrangères et leur manque de communication avec le monde, il est clair que ces soulèvements ont été des manifestations spontanées, d'exaspération devant l'oppression.
Et qu'il n'a été besoin de personne pour l'organiser, pas même du dalaï-lama, et encore moins d'une quelconque puissance étrangère, qui n'a aucune présence et aucun moyen de pénétration dans ces régions reculées.


benjamin : Que pensez-vous des actions de Reporters sans frontières ?
Matthieu Ricard : Je pense qu'il est nécessaire en ce moment d'utiliser tous les moyens possibles et raisonnables pour maintenir la pression sur la Chine, notamment afin qu'un dialogue s'ouvre avec le dalaï-lama avant les Jeux. Et en particulier en ce qui concerne les manquements aux droits de l'homme qui ont lieu en Chine.
Merci de vous sentir concernés par cela. C'est la première fois depuis la loi martiale de 1989 que le monde s'émeut autant de ce qui se passe au Tibet, et espérons que ces Tibétains ne seront pas morts en vain et qu'un progrès constructif pourra s'ensuivre, principalement l'ouverture d'un dialogue avec le dalaï-lama. De sorte qu'à la fois le sort des Tibétains soit enfin amélioré, et que le peuple chinois lui-même trouve sa satisfaction dans des Jeux qui se dérouleraient à peu près normalement.
Quant au gouvernement chinois lui-même, on n'a pas beaucoup de compliments à lui faire. Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est qu'il s'ouvre finalement à un monde de tolérance et de dialogue. Mais pour cela, il a beaucoup de chemin à parcourir.

Constance Baudry


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